Suisse : halte aux expulsions des étrangers condamnés

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s'inquiète des résultats du référendum organisé dimanche en Suisse. Avec près de 53%, les citoyens helvétiques ont approuvé une possible expulsion des étrangers s'ils ont été condamnés pour meurtre, viol, délit sexuel, brigandage, traite d'êtres humains, trafic de drogue ou fraudes aux aides sociales.

Adrian Edwards, l’un des porte-parole du HCR, explique pourquoi cette disposition est source de préoccupation. Selon lui, le HCR a lancé un appel au Gouvernement suisse pour assurer que le principe de non-refoulement, ou de non retour forcé, ne soit pas mis en danger pendant ce débat sur les expulsions de criminels étrangers. Le principe de non-refoulement est la pierre angulaire du droit international. Il veille à ce qu’aucun réfugié ou demandeur d’asile ne soit renvoyé et ne soit confronté à des situations graves, comme la persécution, la torture et des traitements inhumains ou dégradants.

Pour que tout système d’asile soit efficace, il importe que les cas individuels soient correctement pris en compte et que des voies de recours soient prévues contre le retour forcé lorsque les expulsés sont en danger. Tout automatisme à cet égard serait en contradiction avec les principes fondamentaux de la primauté du droit. La Suisse a ratifié la Convention de 1951 sur les réfugiés et les traités liés aux droits humains, et ceux-ci doivent être pleinement respectés.

(Extrait sonore : Adrian Edwards, porte-parole du HCR)

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14/12/2017
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