Myanmar : des milliers de réfugiés en Thaïlande

Au lendemain des élections législatives du 7 novembre au Myanmar, les premières organisées depuis deux décennies, de violents combats entre les rebelles de l'ethnie karen et les forces gouvernementales ont éclaté dans la région de Myawaddy, à l'est du pays, entraînant la fuite de milliers de civils vers la Thaïlande.

Réfugiés du Myanmar

Réfugiés du Myanmar

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), plus de 15.000 personnes, en majorité des femmes et des enfants, ont traversé la rivière Moei qui marque la frontière entre le Myanmar et le nord de la Thaïlande.

À la demande des autorités thaïlandaises, le HCR a commencé à coordonner les efforts des agences onusiennes et des organisations non gouvernementales (ONG) présentes dans cette région pour fournir des abris, de la nourriture et de l’eau à ces réfugiés regroupés dans la ville de Mae Sot.

« Les réfugiés ont commencé à affluer à la frontière tôt lundi matin, à pied ou sur des radeaux faits de chambres à air pour traverser la rivière Moei. Certains ont déclaré que leurs maisons avaient été attaquées, d’autres ont expliqué avoir fui en entendant le bruit des combats », a indiqué Andrej Mahecic, porte-parole du HCR lors d’un point de presse à Genève.

« Beaucoup sont allés chercher directement leurs enfants à l’école et ont fui vers la Thaïlande avec seulement les vêtements sur le dos, certains pieds nus même », a-t-il ajouté, précisant encore que « des femmes et des enfants ont d’abord commencé à arriver dans la matinée, avant d’être rejoints par des hommes plus tard dans la journée ».

Alors que ces nouveaux réfugiés s’étaient rassemblés à deux endroits du côté thaïlandais, l’Organisation internationale des migrations (OIM) et l’armée thaïlandaise les ont transférés en fin de la journée sur un site près de l’aéroport de la ville de Mae Sot.

Le HCR a également fourni 90 tentes supplémentaires que les autorités thaïlandaises et les réfugiés eux-mêmes ont érigées dans la soirée. Le HCR a aussi distribué des bâches en plastique pour fournir plus d’abris.

L’organisation « Thailand Burma Border Consortium », qui distribue normalement aide alimentaire et abris à quelque 152.000 réfugiés enregistrés et non enregistrés dans les neuf camps de réfugiés birmans situés le long de la frontière avec la Thaïlande, a commencé à prendre en charge ces nouveaux réfugiés.

Pendant la nuit de lundi à mardi, l’ONG française « Solidarités » a pour sa part construit 50 latrines et installer des réservoirs d’eau potable, tandis que les gardes frontières thaïlandais ont fourni l’aide médicale.
« Des camions et des camionnettes ont été déployés pour aider des milliers de personnes arrivant du côté thaïlandais de la rivière Moei à rejoindre un ancien camp militaire désigné comme lieu d’accueil par les autorités thaïlandaises », a par ailleurs annoncé le porte-parole de l’OIM, Jemini Pandya.

L’OIM a également mis en place un dispensaire pour soigner les éventuels blessés.
Elle a aussi proposé de prendre en charge dans son centre de Mae Sot près de 300 réfugiés, les plus vulnérables, s’ils ne peuvent pas rentrer chez eux dans l’avenir immédiat.

(Mise en perspective : Martial Assème)

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20/10/2017
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