Mines antipersonnel : le déminage à l'ordre du jour à Genève

Ouverture à Genève, ce 29 novembre, de la conférence des États parties à la Convention d'Ottawa sur les mines antipersonnel. Près de 700 délégués représentant plus d'une centaine d'États discutent durant une semaine de la mise en œuvre et du respect de la Convention adoptée en 1997.

Entrée en vigueur en 1999 et ratifiée par 156 États, la convention exige le déminage des zones minées dans un délai de dix ans dans les régions sous la juridiction ou le contrôle des États et la destruction de leurs stocks dans un délai de quatre ans.

Au menu de ces négociations de Genève, l’examen des demandes de prolongation pour le déminage des zones minées pour la Colombie, le Danemark, la Guinée Bissau, la Mauritanie, le Tchad et le Zimbabwe. L’autre défi consiste à obtenir une amélioration mesurable de la vie quotidienne des survivants d’accidents dus aux mines. Un des enjeux de cette Conférence reste aussi la mobilisation des ressources qui sont importantes dans les trois domaines clés que sont le déminage, la destruction des stocks et l’assistance aux victimes.

Lors de l’ouverture de la Conférence, le pays hôte, la Suisse note que les Etats parties s’approchent un peu plus de cette vision d’un monde dans lequel les mines antipersonnel ne font plus de victimes et n’occasionnent plus de souffrance inutile. Selon la Cheffe du Département fédéral des Affaires étrangères de la Suisse, « chaque victime de mines antipersonnel est une victime de trop ». A cet égard Micheline Calmy-Rey note que la voie qui mène au succès n’est pas complètement tracée et il reste encore beaucoup à faire. Parmi ces chantiers, les délais de destruction des stocks : l’Ukraine, le Bélarus, la Grèce et la Turquie sont les quatre pays qui ne respectent pas l’échéance. Pour ce qui est de la destruction d’armes enfouies, le Venezuela est le seul Etat partie à ne pas respecter ses obligations en n’ayant pas déterré une seule mine.

Selon l’ONG Campagne internationale pour l’interdiction des mines (ICBL), la Birmanie est le seul pays au monde qui continue de poser des mines antipersonnel après que la Russie eut décidé de ne plus en utiliser, selon l’ONG ICBL, qui a comptabilisé 3.956 victimes de mines en 2009, 28% de moins qu’en 2008. Seuls trois pays continuent de fabriquer activement des mines: l’Inde, la Birmanie et le Pakistan.

(Extrait sonore : Micheline Calmy-Rey, Cheffe du Département fédéral des Affaires étrangères de la Suisse ; mise en perspective : Alpha Diallo)


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20/10/2017
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