Droits de l'homme : Le Libéria à l'examen

Le Conseil des droits de l'homme a entamé, ce Lundi 1er novembre à Genève, les travaux de sa neuvième session. Le Liberia a été le premier pays à être passé en revue dans le cadre de cet Examen périodique universel.

Conseil des droits de l'homme
Conseil des droits de l’homme
Plusieurs orateurs ont rappelé le passé récent de ce pays marqué par des violations des droits de l’homme et un conflit civil fatal. La présentation de ce rapport s’inscrit dans le contexte de la longue histoire des atteintes aux droits de l’homme et des violents conflits traversés par le Liberia.

Monrovia admet que les tâches auxquelles s’est attelé le gouvernement actuel sont colossales, qu’il s’agisse de la réinstallation d’un très grand nombre de déplacés et de réfugiés, de la remise sur pied complète de l’administration du pays, de l’économie et des infrastructures, du renforcement de l’état de droit ou du respect des droits de l’homme.

Comme pour exorciser ce passé douloureux, le ministre de la Justice du Libéria, Christiana Tah, reconnaît que les séquelles sont encore visibles. Les femmes et les enfants continuent ainsi d’en subir les effets physiques et psychologiques et certaines femmes sont encore victimes de viol et de violence sexuelle.

Certains pays ont d’ailleurs regretté le rétablissement de la peine de mort en juillet 2008 alors que le Liberia avait ratifié trois années auparavant le deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui vise justement les Etats parties à abolir cette peine.

Dans le résumé établi par le Haut Commissariat aux droits de l’homme, des organisations non gouvernementales ont noté que le programme de désarmement a été officiellement clôturé en juillet 2009, sans avoir correctement démobilisé et réintégré l’ensemble des ex-combattants. De ce fait, bon nombre de ces ex-combattants ont rejoint des milices dans d’autres pays de la sous-région.

D’où cet appel de la Côte d’ivoire devant le Conseil des droits de l’homme, qui souhaite que le retour à la normale au Libéria devrait être encouragé et soutenu par l’ensemble de la communauté internationale et particulièrement par les pays de l’Afrique de l’Ouest qui pour la plupart se trouvent soit en situation de paix précaire, soit en situation de relative instabilité.

Monrovia admet d’ailleurs que plusieurs obstacles se heurtent à l’émergence d’un véritable Etat de droit, notamment en raison d’une Culture d’impunité et de corruption, mais aussi la méfiance des Libériens à l’égard de la force publique, d’où ce recours à la justice de rue ou justice populaire qui se manifeste parfois par l’assassinat de femmes soupçonnées de pratiquer la sorcellerie.

(Mise en perspective d’Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Kouadio Kouakou. Premier conseiller de la Mission permanente de la Côte d’ivoire auprès des Nations Unies à Genève)

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20/10/2017
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