OMM : le phénomène La Niña observé dans le Pacifique

On observe désormais des conditions caractéristiques d'un épisode La Niña d'intensité modérée à forte dans le Pacifique équatorial. Les anomalies de la température de surface de la mer dans le centre et l'est de cette zone se situent dans la moyenne, ou juste au-dessus, si l'on se réfère aux précédents épisodes La Niña. Cette situation devrait persister au moins durant le premier trimestre de 2011.

Bien que l’actuel épisode La Niña comporte des similitudes avec les épisodes passés, il se peut que ses répercussions sur les régimes climatiques locaux soient différentes de celles observées par le passé. Il est important, pour gérer les risques liés au climat pendant la durée de cet épisode, de prendre connaissance des prévisions climatiques régionales et des perspectives d’évolution saisonnières qui tiennent compte non seulement des manifestations actuelles du phénomène La Niña mais aussi d’autres facteurs susceptibles d’avoir une incidence sur le climat local.

Des manifestations d’un épisode La Niña d’intensité modérée à forte sont actuellement observées dans le centre et l’est du Pacifique équatorial, où les températures de surface de la mer sont inférieures à la moyenne d’environ 1,5 °C. Les conditions atmosphériques dans cette région sont étroitement couplées à cette configuration des températures de surface de la mer, ce qui se traduit par un renforcement des alizés et une nette réduction de la nébulosité sur une grande partie de cette région.

La température de l’eau sous la surface dans le centre et l’est du Pacifique équatorial traduit elle aussi fortement la présence d’un épisode La Niña, avec des chiffres inférieurs à la moyenne de 2 à 6 °C. Ce gros volume d’eau anormalement froide risque fort de maintenir la froideur actuelle des eaux à la surface des océans, voire de la renforcer. Presque tous les modèles de prévision prévoient la persistance de cet épisode La Niña, et possiblement son renforcement, au cours des quatre à six prochains mois, soit pendant une bonne partie du premier trimestre de 2011.

Cet épisode La Niña s’est rapidement développé en juin et juillet 2010, après la dissipation en avril de l’épisode El Niño 2009/10. À la différence de nombreux épisodes El Niño ou La Niña, qui, lors de leur formation, subissent une influence inégale des composantes océanique et atmosphérique, l’épisode actuel a présenté un fort couplage océan-atmosphère dès son apparition en juin, qui faisait suite à une période de renforcement des alizés en mai dans l’ouest du Pacifique équatorial.

En août, l’épisode avait atteint une intensité modérée à forte, ce qui est toujours d’actualité. Compte tenu du renforcement des aspects océanique et atmosphérique de l’épisode actuel et de l’ampleur de la zone où les températures sous la surface de la mer sont inférieures à la moyenne, on peut s’attendre à ce que l’épisode conserve son intensité actuelle ou que celle-ci se renforce, et qu’il se maintienne pendant la durée normale du cycle El Niño/La Niña, c’est-à-dire au moins pendant le premier trimestre de 2011.

Il importe de savoir que, même si la situation concernant El Niño ou La Niña peut être le principal facteur à prendre en compte lors de l’évaluation des risques climatiques dans de nombreuses régions, des phénomènes climatiques extrêmes peuvent aussi résulter d’interactions de l’océan et de l’atmosphère en dehors de la zone du Pacifique tropical. Pour obtenir des perspectives d’évolution du climat qui prennent en considération à la fois les effets de l’actuel épisode La Niña et ceux de facteurs climatiques autres, les utilisateurs doivent consulter leurs Services météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN) respectifs ainsi que les organismes climatologiques de leur région et les forums régionaux sur l’évolution probable du climat. Les services régionaux sont plus à même d’émettre des prévisions climatiques locales précises et celles-ci sont généralement actualisées plus fréquemment que le bulletin trimestriel Info Niño/Niña de l’OMM.

(Extrait sonore : Omar Baddour, responsable des données climatologiques à l’OMM; propos recueillis par Cristina Silveiro)


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13/12/2017
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