Nigeria: plus de 400 enfants morts d’un empoisonnement au plomb

Au moins 400 enfants sont morts d'un empoisonnement au plomb en raison d'activités minières illégales dans le nord du Nigeria. C'est l'une des conclusions de l'enquête préliminaire menée conjointement par le Programme des Nations Unies pour l'environnement et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires. L'équipe d'experts de l'ONU envoyée sur place dans l'Etat de Zamfara le 21 septembre dernier confirme une forte pollution au plomb et des cas de saturnisme chez les enfants dans cinq villages étudiés.

Plus de 500 autres enfants sont en traitement dans quatre cliniques de MSF. Les Nations Unies plaident ainsi pour une intervention urgente et coordonnée surtout qu’après la mort de centaines d’enfants sont morts, des milliers d’autres sont menacés.

Dans le village de Bagega la mission d’enquête a trouvé des taux de mercure dans l’air qui étaient extrêmement importants. « Par mètre cube d’air il y avait 5.000 nanogrammes qui ont été enregistrés alors que les niveaux maximums ne devraient pas être plus hauts que 50 », a expliqué la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU.

Selon Elisabeth Byrs, les concentrations de mercure sont en outre élevées dans l’air, près des mines. L’eau potable puisée dans les puits par la population ne respecte pas les normes minimales et la teneur en plomb y est élevée. L’eau est polluée aussi dans les étangs. Les sols sont également “gravement pollués, selon les endroits.

Deux villages ont été dépollués jusqu’ici. Si 400 décès parmi les moins de cinq ans ont été confirmés depuis mars par MSF-Hollande, le nombre de cas et de décès devrait être plus élevé. Beaucoup de cas ne sont pas rapportés. Les enfants ne sont pas emmenés dans les cliniques par leur mère.

L’empoisonnement au plomb peut provoquer des dommages irréparables au système nerveux des jeunes enfants et provoquer des déformations congénitales chez les nouveau-nés. Le mercure quand il est inhalé peut créer des problèmes au système nerveux, à l’appareil digestif et aux reins. Il peut également entraîner des troubles du système immunitaire, psychologiques, des problèmes cardiovasculaires et respiratoires notamment.

(Exrtait sonore: Elisabeth Byrs, Porte-parole du Bureau de Coordination des Affaires humanitaires de l’ONU ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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15/12/2017
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