Journée des enseignants : l’UNESCO rend hommage aux bâtisseurs de paix

Les enseignants sont des bâtisseurs de paix, ils montrent comment vivre ensemble en valorisant les valeurs de respect, de tolérance, de compréhension mutuelle et de solidarité. C'est une mission plus nécessaire que jamais dans nos sociétés de plus en plus interconnectées et multiculturelles », a souligné mardi la Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, à l'occasion de la Journée mondiale des enseignants, célébrée chaque année le 5 octobre depuis 1994.

Organisée sous le thème « la reconstruction commence par les enseignants », cette édition 2010 est l’occasion de rendre hommage aux enseignants du monde entier qui jouent un rôle vital dans la reconstruction sociale, économique et intellectuelle après des catastrophes naturelles, des conflits ou toutes autres situations de crise.

Cette Journée mondiale doit aussi permettre d’attirer l’attention sur le manque de professeurs, dont les recrutements ne suivront pas les niveaux d’inscription dans de nombreux pays en développement.

Selon les dernières projections de l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU), il faudra ainsi recruter 9,1 millions d’enseignants supplémentaires au cours des cinq prochaines années pour atteindre l’enseignement primaire universel d’ici à 2015, l’un des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) définis en 2000 par les Etats membres de l’ONU pour améliorer le sort de l’humanité.
L’ISU prévoit que 99 pays de la planète devront recruter 5,5 millions d’enseignants d’ici à 2015, d’une part pour remplacer les 3,6 millions d’enseignants qui partiront en retraite, et d’autre part pour combler 1,9 million de postes supplémentaires indispensables pour assurer un enseignement primaire universel de qualité aux jeunes générations.

À eux seuls, les pays de l’Afrique subsaharienne devront recruter plus de 2 millions d’enseignants pour maintenir l’effectif actuel, et créer 1 million de postes en plus. Les autres régions qui manqueront de professeurs sont les pays arabes (281.000) et l’Asie du Sud et de l’Ouest (260 000). En Amérique du Nord et en Europe occidentale, les pays devront remplacer environ 1 million d’enseignants actifs aujourd’hui et créer près de 152.000 postes.

« Les enseignants assurent la continuité tout en apportant du réconfort. En redonnant espoir en l’avenir et en restaurant un cadre structuré et un sentiment de normalité, ils aident à atténuer les effets des conflits, des catastrophes et des déplacements de population. Soutenir les enseignants dans les situations d’après crise, c’est investir dans la paix et le développement », souligne également un message conjoint publié par l’UNESCO, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’Organisation internationale du Travail (OIT) et l’Internationale de l’Education (IE).

Pour marquer les célébrations, plusieurs manifestations et évènements sont organisés au siège de l’UNESCO, à Paris, notamment l’inauguration par Irina Bokova d’une exposition de photo sur des enseignants qui travaillent dans des conditions particulièrement difficiles, la publication sur Internet d’histoires, de photos et de vidéos envoyés par le grand public pour rendre hommage aux enseignants (envoyer à stories@unesco.org) et un table ronde présidée par le sous-Directeur général de l’UNESCO pour l’Education, Qian Tang, avec des professeurs venus d’Haïti, d’Israël, du Lesotho, du Mali, de la République démocratique populaire lao et de France pour partager leurs expériences.

(Interview : Professeur Georges Haddad, Directeur de l’enseignement supérieur à l’UNESCO en charge des enseignants; propos recueillis par Jérome Longué)

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12/12/2017
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