Guinée : l’ONU préoccupée par l’usage excessif de la force

Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme est vivement préoccupé par la manière dont les forces de sécurité de la Guinée ont fait usage de la force pour réprimer les dernières manifestations à Conakry. En effet mardi dernier, des militaires ont tiré sur les manifestants à balles réelles, faisant au moins un mort et 62 blessés. L'ONU déplore l'usage excessif de la force et le recours aux armes à feu dans ce genre de manifestation.

Ces derniers jours, la tension est de nouveau montée à Conakry, théâtre des manifestations le mardi 19 octobre. Et sauf nouveau report, le second tour de l’élection présidentielle est prévu ce dimanche 24 octobre et opposera Alpha Condé à Cellou Dallein Diallo.

« Des informations font état de la présence parmi les forces de sécurité ayant participé à ces agressions, des membres de la Force spéciale de sécurisation du processus électoral », ajoute le Haut Commissariat aux droits de l’homme. L’ONU note d’ailleurs que certains membres des Forces de sécurité auraient agressé ou menacé des citoyens en raison de leur appartenance ethnique ou politique.

Lors des derniers événements du 19 octobre 2010, les quartiers de Hamdallaye, Ratoma, Matoto, Bambeto et Afia Minière ont été particulièrement touchés. Selon les témoignages recueillis par le Haut Commissariat aux droits de l’homme, certaines des opérations des forces de sécurité semblaient viser sans discernement des zones entières. Au cours des manifestations, il y a eu peu d’effort pour distinguer les protestataires violents des résidents de ces quartiers qui n’avaient pas pris part aux manifestations. L’ONU note que plusieurs personnes ont été aussi illégalement et arbitrairement arrêtées. Ces détenus sont dans des lieux tenus secrets et les avocats ou militants de droits humains n’ont pas eu le droit de les rencontrer.

La Guinée vit sous tension depuis quelques années. Le 28 septembre 2009, l’armée avait tué 156 personnes et violé 104 femmes lors d’une manifestation pacifique de l’opposition dans un stade de Conakry.

(Extrait sonore : Françoise Mianda du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)


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15/12/2017
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