Nagoya : Ahmad Djoghlaf, optimiste sur l'issue des discussions

À Nagoya, au Japon, la 10ème Conférence des parties à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique bat son plein

À mi-parcours les quelque 17 000 participants ont d’ores déjà dressé un inquiétant état des lieux de la biodiversité dans le monde et souligné la nécessité d’agir vite.

Il reste maintenant à traduire les intentions en actes concrets ce qui devrait se faire à travers l’adoption d’un plan stratégique pour les dix prochaines années. Plus ambitieuse, l’adoption d’un protocole sur le partage des bénéfices de la biodiversité n’est pas encore acquise.

Le plus récent rapport sur l'état mondial de la biodiversité concocté à partir de 120 rapports nationaux a été publié au mois de mai dernier. Ce rapport dressait un bilan alarmant de la perte de la biodiversité à un rythme effréné et inégalé.

Le rapport signalait que si rien n'était fait rapidement, la communauté internationale risque de frôler le seuil de l'irréparable et de l'irréversible. "Il faut donc approcher la question de la biodiversité de façon différente", explique Ahmad Djoghlaf, Secrétaire exécutif de la Convention sur la diversité biologique.

Le rapport souligne que l'état du monde et de la diversité pour les dix millions d'années à venir se jouera dans les prochaines décennies. Pour cela, réitère Ahmad Djoghlaf, « il faut mettre en place des stratégies avec des objectifs quantifiés, des moyens identifiés à mettre en œuvre, des mécanismes de suivi et la traduction du plan d'action international au niveau national ».

En face d'un défi colossal les États doivent rebondir, a-t-il ajouté.

L'Objectif de Johannesburg étant resté il y a dix ans au niveau des déclarations; il faut marquer des progrès au niveau du plan d'action mis à la table des participants à la Conférence de Nagoya. Celui-ci est le résultat d'un processus de travail acharné de deux ans; travail effectué par les États, la société civile et les entreprises. C'est un signe de volonté politique extraordinaire.

De plus, le projet de protocole qui doit émaner de la rencontre du Japon est le plus important dans l'histoire du mouvement environnemental. C'est un instrument juridique contraignant au service du développement durable. Il consiste à donner accès aux ressources génétiques là oui elles se trouvent.

Les bénéfices découlant de ces ressources doivent être partagés avec ses propriétaires.

Interview : Ahmad Djoghlaf; Secrétaire exécutif de la Convention sur la diversité biologique; propos recueillis par Jérôme Longué, Envoyé spécial de la Radio des Nations Unies à Nagoya



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20/10/2017
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