Abus sexuels en RDC : le Panel de l'ONU plaide pour l'assistance aux victimes

Le Panel de l'ONU sur les violences sexuelles en République démocratique du Congo a observé dans ses travaux préliminaires que les besoins des victimes de ces atrocités sont largement ignorés notamment dans les zones reculées du pays.

Mis en place par Navi Pillay, le Haut Commissaire de des Nations Unies aux droits de l’homme, le Panel présidé par son adjointe Kyung-wha Kang a, du 30 septembre au 10 octobre 2010, visité Bukavu, Shabunda (Sud-Kivu), Bunia, Komanda (Province Orientale), Mbandaka et Songo Mboyo (Equateur).

Le Panel va rédiger un rapport final assorti de recommandations sur les voies et moyens visant à permettre aux victimes d’abus et de violences sexuels d’obtenir réparation. Ce document sera par la suite remis au Haut Commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme qui à son tour en partagera les conclusions avec les autorités congolaises, a précisé Leila Bourhil du Bureau du Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme à New York.

Sur place, les membres du Panel ont initié des échanges avec les survivants ainsi que les autorités locales et les représentants de la société civile, a-t-elle indiqué.

Les besoins des victimes en fonction des localités diffèrent, a-t-elle relevé. Ainsi, à l’est de la RDC où le conflit perdure, la majorité des victimes plaide pour que les efforts de sécurisation et de stabilisation de leur région soient renforcés. En revanche, en Equateur et dans la Province Orientale, les survivants d’abus sexuels ont demandé que les réflexions sur les mécanismes de réparations accordent une place de choix à la scolarisation de leurs enfants mais aussi une assistance médicale et psychologique, a poursuivi Leila Bourhil.

«La plupart des victimes rencontrées sur le terrain étaient confrontées à des problèmes de fistules alors que dans certaines parties du pays il n’existe pas d’expertise en termes de chirurgie réparatrice », a-t-elle expliqué.

Outre Kyung-wha Kang, le Panel était composé notamment d’Elisabeth Rehn ancien ministre de la défense de Finlande et actuelle Président du comité directeur du Fonds des victimes à la Cour pénale internationale (CPI) et aussi du Docteur Denis Mukwege, directeur de l’hôpital Panzi à Bukavu. Le Panel a également bénéficié du soutien des autorités congolaises et plus particulièrement des ministères de la justice ainsi que du genre, de la famille et de l’enfant.

(Extrait sonore : Laila Bourhil,Bureau du Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme à New York ;propos recueillis par Martial Assème)



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18/10/2017
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