Tchad : l'espoir de voir résolue la crise du Darfour

Lors de son intervention devant l'Assemblée générale, Moussa Faki Mahamat, le Ministre des affaires étrangères, de l'intégration régionale et de la coopération internationale du Tchad a insisté sur la normalisation des relations entre son pays et le Soudan, en rappelant la préoccupation de la communauté internationale en ce qui concerne la question du Darfour. Les deux pays ont décidé, dans ce cadre, de mettre en place une force mixte pour sécuriser leurs frontières communes. Ils se sont aussi engagés à n'apporter aucun soutien, de quelque nature que ce soit, aux forces rebelles présentes chez eux, a-t-il ajouté, en soulignant que la situation au Darfour méritait encore une attention particulière.

Moussa Faki Mahamat

Moussa Faki Mahamat

Pour le Tchad, le référendum qui se tient dans les semaines à venir au Soudan est un événement à haut risque, si le processus qui y mène n’est pas maîtrisé et si le scrutin n’est pas organisé dans les conditions optimales d’indépendance, de sécurité et de transparence, a averti le Ministre. Les ratés de ce processus pourraient compromettre la paix et la sécurité au Soudan et dans la sous-région, a-t-il dit. Le Tchad souhaite néanmoins voir préserver l’unité et l’intégrité du Soudan, a également souligné Moussa Faki Mahamat. En prévision du retrait de la Mission des Nations Unies au Tchad et en République centrafricaine (MINURCAT), le Tchad a pris l’engagement d’assumer, par ses propres forces, la protection des milliers de refugiés présents sur son territoire ainsi que celle du personnel humanitaire et du personnel associé, a-t-il dit par ailleurs. Le respect de ses engagements amène le Tchad à faire des efforts financiers de l’ordre de 12 millions de dollars par an, a-t-il souligné. Il a, en outre, invité la communauté internationale à prendre la mesure de l’ampleur des défis auxquels était confrontée la République centrafricaine.

Le Ministre a, d’autre part, fait état du climat de confiance qui règne entre le Gouvernement et l’opposition dans son pays depuis l’accord du 13 août 2007. Sur le plan du développement, le Gouvernement a consacré 60% des ressources pétrolières aux secteurs sociaux et aux infrastructures de base. Mais ces ressources sont insuffisantes et le pays a besoin de ressources additionnelles, a-t-il dit. Il a conclu en apportant son soutien aux efforts menés par l’ONU et les États-Unis, en vue d’aboutir à un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens qui permette la coexistence pacifique entre deux États souverains.

Au début de son intervention, le Ministre avait soutenu qu’en dépit du fait que la coopération internationale avait permis de juguler la crise financière internationale, les pays pauvres continuaient de souffrir des méfaits des crises alimentaires et énergétiques auxquelles s’ajoutaient les effets néfastes des changements climatiques. Il a par ailleurs appelé la communauté internationale à faire en sorte que les recommandations pertinentes du dernier Sommet sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ne restent pas sans effet.

(Interview : Moussa Faki Mahamat, le Ministre des affaires étrangères, de l’intégration régionale et de la coopération internationale du Tchad; propos recueillis par Jérôme Longué)

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15/12/2017
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