Soudan : un référendum à haut risque

Le Sud-Soudan pourrait opter pour l'indépendance par référendum dans trois mois. Problème: le scrutin, pas plus que la naissance du nouvel Etat dans cette région troublée, n'a pas été suffisamment préparé.

Barack Obama

Barack Obama

Les préparatifs du référendum qui devrait conduire en janvier à l’indépendance du Sud-Soudan ont fait l’objet ce vendredi à l’ONU d’un sommet qui a réunit grandes puissances et Etats régionaux, inquiets de l’éclatement du plus grand pays d’Afrique de l’Est. Les participants ont discuté des moyens nécessaires à l’organisation en temps et en heure de ce référendum dans un délai de trois mois, alors que les préparatifs ont pris beaucoup de retard.

Barack Obama, a exigé que le référendum sur l’avenir du Soudan se déroule dans le calme et à la date prévue, avertissant que le sort de millions de personnes était en jeu. Dans un discours au ton passionné devant cette réunion au siège des Nations unies à New York le patron de la Maison Blanche a souligné que les habitants du Soudan “avaient besoin de la paix”.

“A l’heure actuelle, le sort de millions de personnes est en jeu. Ce qui se produira au Soudan dans les jours qui viennent pourrait décider si ces gens qui ont souffert de trop de guerres avancent vers la paix ou retombent dans un bain de sang”, a déclaré le président américain.

Barack Obama rappelle que ce qui se passe au Soudan est important pour toute l’Afrique subsaharienne, et important pour le monde entier”. Aussi a -t-il appelé à l’application “pleine et entière de l’accord de paix qui a mis fin à la guerre civile. Les référendums d’autodétermination prévus le 9 janvier doivent avoir lieu, pacifiquement et au moment prévu”.

Même exigence de Ban Ki-moon et même pensée profonde et solidaire du peuple soudanais. Pensée forte pour un Soudan aui a été déchiré par deux décennies de guerre civile entre le Nord et le Sud. Des violences qui ont fait environ deux millions de morts avant de se terminer sur un accord de paix en 2005.

“Le peuple soudanais ne peut pas se permettre une reprise du conflit, nous devons tous les aider à trouver une voie pacifique dans l’un des épisodes les plus importants de l’histoire de leur pays”, a souligné le Secrétaire général.

Le vice-président du gouvernement soudanais a pour sa part promis que son pays respectera le résultat de cette consultation qui verra le sud du Soudan choisir entre l’unité avec le nord ou l’indépendance.

Les deux référendums d’autodétermination, dans la partie sud du pays et la petite région d’Abyei, faisaient partie de l’accord de paix de 2005.

Les scrutins doivent être organisés le 9 janvier mais les observateurs soulignent encore que leur préparation a pris beaucoup de retard. Nombre de dirigeants craignent que si le vote est retardé, le Sud-Soudan pourrait déclarer une indépendance unilatérale, déclenchant un nouveau conflit.


LE DERNIER JOURNAL
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18/10/2017
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