Antiterrorisme : la Stratégie mondiale renforcée par l'Assemblée générale

Edition spéciale---Au terme d'une journée de débats consacrée cette semaine au deuxième examen biennal de la Stratégie antiterroriste mondiale de l'ONU, l'Assemblée générale a réaffirmé mercredi la Stratégie qu'elle avait adoptée en septembre 2006.

Par une résolution adoptée par consensus, présentée par le représentant du Bangladesh, elle a également réaffirmé les quatre piliers de la Stratégie qui comprennent les mesures visant à éliminer les conditions propices à la propagation du terrorisme; la prévention et la lutte contre le terrorisme; les mesures destinées à étoffer les moyens dont disposent les États et à renforcer le rôle de l’ONU; et enfin les mesures garantissant le respect des droits de l’homme et la primauté du droit en tant que base fondamentale de la lutte antiterroriste.

Quatre ans, jour pour jour, après l’adoption de la Stratégie antiterroriste mondiale, l’Assemblée a rappelé qu’elle « engage les États Membres, l’ONU et les autres organisations internationales, régionales et sous-régionales concernées à intensifier leur action pour l’appliquer de façon intégrée et sous tous ses aspects ». Elle a également pris note des mesures qui ont été prises dans ce cadre, telles que présentées dans le rapport du Secrétaire général et que les intervenants ont aujourd’hui détaillé.

Au cours du débat auquel a participé une quarantaine de délégations, le Ministre des affaires étrangères du Mali a notamment mentionné les mesures prises par son pays pour faire face à l’extension récente des réseaux terroristes et criminels dans l’espace sahélo-saharien. La représentante des États-Unis a quant à elle exprimé la détermination de son pays à agir pour renforcer le second pilier de la Stratégie, illustrant cet engagement par le soutien apporté par les États-Unis au séminaire qui réunira en septembre les procureurs du monde entier pour leur permettre de mettre en commun leurs différentes expériences.

Illustrant les mesures prises au niveau régional, le représentant du Viet Nam, qui parlait au nom de l’Association des nations de l’Asie de Sud-Est (ANASE), a mentionné l’engagement de ces pays qui ont, notamment, signé un Traité d’entraide judiciaire en matière pénale.

Expliquant que le terrorisme est un « défi sérieux, très complexe, qui exige une réponse plus holistique et mieux coordonnée de la part de la communauté internationale », Ali Abdussalam Treki, Président de la soixante-quatrième session de l’Assemblée générale, a invité les États Membres à se baser sur une analyse objective de la situation du terrorisme dans son ensemble et à prendre en compte les causes sous-jacentes de ce fléau.

L’Assemblée, qui a examiné la Stratégie pour la première fois en 2008, « réaffirme que c’est aux États Membres qu’il incombe au premier chef d’appliquer la Stratégie, tout en reconnaissant qu’il faut renforcer le rôle important que joue l’ONU ». Elle « engage les entités du système des Nations Unies qui s’emploient à soutenir la lutte contre le terrorisme à continuer d’œuvrer pour la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ainsi que celles qui garantissent les droits de la défense et la primauté du droit, tout en combattant le terrorisme ».

Nombreuses sont les délégations qui ont aussi rappelé l’importance du respect de ces principes, soulignant qu’une lutte efficace contre le terrorisme et la protection des droits de l’homme, loin de s’exclure, se renforcent mutuellement.

L’Assemblée générale a également souligné l’importance de « renforcer la coopération entre les entités du système des Nations Unies et l’Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme, en vue de garantir la coordination et la cohérence d’ensemble de la lutte antiterroriste menée à l’échelle du système ». Elle se félicite à ce titre « des progrès accomplis en vue d’achever d’institutionnaliser l’Équipe spéciale », ce qui avait été décidé par une résolution du 24 décembre 2009, ce que plusieurs intervenants ont souligné avec satisfaction.

La résolution encourage aussi l’Équipe spéciale, qui avait été créée en juillet 2005 par le Secrétaire général, à mettre au point un site Web complet afin de permettre à un large public de prendre connaissance de ses travaux.

Les exposés trimestriels et les rapports complets de l’Équipe spéciale, demandés par l’Assemblée, afin de permettre à l’Équipe de « se concerter avec les États Membres » et de « garantir la transparence des travaux actuels et futurs de l’Équipe », ont été également bien accueillis par les délégations. Pour le représentant du Canada, qui parlait aussi au nom de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande (Groupe CANZ), il faut se concentrer sur le rôle de coordination de cette Équipe. À l’instar de plusieurs délégations, le représentant de la Belgique, parlant au nom de l’Union européenne, a aussi encouragé l’Équipe spéciale à mettre en place un réseau de correspondants sur le terrain.

(Interview : Jean-Paul Laborde, Président de l’Équipe spéciale du Secrétaire général contre le terrorisme; propos recueillis par Jérôme Longué)

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23/10/2017
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