Soudan : Ban Ki-moon appelle renforcer le nouvel espace démocratique

Le Conseil de sécurité a examiné ce matin la situation au Soudan sur la base du dernier rapport du Secrétaire général. Dans ce document publié mardi, Ban Ki-moon appelle les Soudanais à préserver et façonner le nouvel espace démocratique issu des élections générales qui se sont déroulées en avril, les premières en 24 ans.

Des enfants au Sud Soudan« En dépit des difficultés d’ordre opérationnel ou autre rencontrées, le bon déroulement des élections nationales a marqué une étape critique dans l’application de l’Accord de paix global », se félicite Ban Ki-moon dans ce rapport remis au Conseil de sécurité.

« Toutefois, dans un pays où aucune élection n’a eu lieu pendant 24 ans, la démocratisation reste fragile et ne peut s’enraciner que lentement. L’incapacité à réformer certaines dispositions juridiques, le retour de la censure préalable des publications et l’arrestation, l’interrogation des chefs de l’opposition et les mauvais traitements qu’ils ont subis, tant dans le nord que dans le sud, sont un grave revers », ajoute-t-il. « J’encourage fermement les deux partenaires de l’Accord de paix global à œuvrer avec toutes les parties politiques, dans la transparence, et à préserver et façonner ce nouvel espace démocratique, en particulier en opérant une réforme juridique conforme à l’Accord de paix global et aux constitutions provisoires du Soudan. »

L’Accord de paix global signé en 2005 a mis fin à 21 ans de guerre civile entre le Nord et le Sud Soudan. Dans sa dernière phase, il prévoit l’organisation au Sud-Soudan d’un référendum d’auto détermination en janvier 2011. Un autre référendum doit être organisé pour la ville d’Abyei à la même période. Les habitants décideront si la ville garde son statut administratif spécial au nord ou est rattachée à l’Etat de Bahr El Ghazai, au sud.

Le Secrétaire général félicite les parties d’avoir mis en place la Commission du référendum au Sud-Soudan et les prie instamment de s’attaquer immédiatement aux questions en suspens afin d’organiser les référendums dans les délais prévus dans l’Accord de paix global. Selon lui, de nouveaux retards dans ce domaine pourraient avoir de graves conséquences.

« L’organisation de référendums crédibles nécessitera un appui international considérable. Bien que les parties aient fait part de leur désir de voir l’ONU participer activement à ce processus, elles ne se sont pas encore mises d’accord sur les limites de ce rôle », note le rapport.

Selon le Secrétaire général, la présence des observateurs internationaux, prévue dans l’Accord de paix global, est indispensable pour garantir la crédibilité des résultats des référendums, leur acceptation et la paix ultérieure.

Par ailleurs, il juge indispensable de conclure un arrangement viable pour la période post référendaire. Il se félicite de l’accord conclu par les parties sur la procédure à suivre ainsi que du rôle que joue l’Union africaine dans des pourparlers bilatéraux sur ces arrangements post référendaires. Il souligne qu’il faut intensifier ces efforts afin de régler ces questions fondamentales pendant le temps qui reste.

Le Secrétaire général considère que les tensions politiques locales susceptibles de constituer une menace pour le déroulement pacifique du référendum de l’Abyei sont fort préoccupantes. Il encourage les parties ainsi que les chefs des tribus Misseriya et Dinka Ngok à se projeter dans l’avenir en hommes d’État pour faire avancer un règlement politique et conclure un accord global sur les grandes questions litigieuses liées au droit de résidence, aux droits de pacage, et aux droits fonciers ainsi que sur le déroulement du référendum proprement dit.

Le rapport note qu’à la suite des élections, les tensions se sont intensifiées dans le sud du pays. Il juge préoccupant l’affrontement militaire qui a suivi les résultats de l’élection au poste de gouverneur de l’État de Jonglei.

Pour parer à l’éventualité d’incidents violents à la fin de la période intérimaire, la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) et l’équipe de pays des Nations Unies élaborent un plan d’intervention d’urgence. Le Secrétaire général encourage aussi les parties à l’Accord de paix global à adopter des plans d’urgence adéquats pour protéger les civils.

(Mise en perspective : Jérôme Bernard)


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23/10/2017
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