SIDA: des jeunes plus responsables

Une nouvelle étude de l'ONUSIDA révèle que les jeunes conduisent la révolution de la prévention. La prévalence du VIH parmi les jeunes a diminué de plus de 25 % dans quinze des vingt-cinq pays les plus affectés par le sida.

Michel Sidibé

Michel Sidibé

Cette baisse est dans une large mesure attribuable à une diminution des nouvelles infections à VIH parmi les jeunes. Ce rapport a été présenté à Genève avant la 18ème Conférence internationale sur le sida qui se tiendra à Vienne en Autriche, du 18 au 23 juillet 2010.

Dans huit pays – Côte d’Ivoire, Éthiopie, Kenya, Malawi, Namibie, République-Unie de Tanzanie, Zambie et Zimbabwe – la baisse significative de la prévalence du VIH a été accompagnée de changements positifs au niveau des comportements sexuels des jeunes. Et parmi les pays qui devraient atteindre cet objectif d’ici fin 2010 figurent le Burundi, le Lesotho, le Rwanda, le Swaziland, les Bahamas et Haïti.

Les jeunes de treize pays, dont le Cameroun, l’Éthiopie et le Malawi, deviennent sexuellement actifs à un âge plus tardif. Le rapport note également que les jeunes avaient moins de partenaires multiples dans 13 pays. Enfin, l’utilisation du préservatif par les jeunes lors de leur dernier rapport sexuel a augmenté dans treize pays. On estime à cinq millions le nombre de jeunes séropositifs à travers le monde – ils représentent environ 40 % des nouvelles infections à VIH.

En cette période charnière, l’ONUSIDA avertit qu’une stabilisation ou une diminution des investissements pénaliserait la riposte au sida. En 2010, on estime que 26,8 milliards de dollars des États-Unis sont nécessaires pour atteindre les objectifs fixés par les pays en matière d’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et à l’appui en rapport avec le VIH. « La riposte au sida a besoin d’un plan de soutien maintenant. Les donateurs ne doivent pas réduire leurs investissements à un moment où la riposte commence à enregistrer des résultats » déclare le Directeur exécutif de l’ONUSIDA. Selon Michel Sidibé, il est impossible d’enterrer l’objectif d’allouer 0,7 % du PNB à l’aide internationale et l’objectif d’Abuja d’allouer 15 % du budget annuel au secteur de la santé ».

L’ONUSIDA recommande aux programmes nationaux de lutte contre le VIH d’investir entre 0,5 % et 3 % des recettes publiques dans la riposte au sida. Au cours des dernières années, de nombreux pays ont augmenté les investissements domestiques engagés dans cette riposte. Les pouvoirs publics d’Afrique du Sud ont, par exemple, augmenté leur budget alloué à la lutte contre le sida de 30 % à 1 milliard de dollars des États-Unis en 2010. Toutefois, pour la majorité des pays durement touchés par le sida, les investissements domestiques seuls – même augmentés à des niveaux optimaux – ne suffiront pas pour répondre à leurs besoins de ressources totaux.

Par ailleurs, l’ONUSIDA a commandé la première fois, un sondage public international sur le VIH qui révèle que près de 30 ans après le début de l’épidémie, les pays continuent, région par région, de classer le sida en bonne place sur la liste des problèmes les plus importants auxquels le monde est confronté. En Inde, par exemple, deux tiers environ des personnes interrogées déclarent que l’épidémie de sida est un problème mondial plus important que d’autres. Dans l’ensemble, les sondés considèrent le sida comme le plus important problème de santé au plan mondial. En outre, la moitié environ des personnes interrogées sont optimistes quant à la possibilité de stopper la propagation du VIH d’ici à 2015.

(Mise en perspective d’Alpha Diallo; avec un extrait sonore de Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA)


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20/10/2017
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