PNUE : les chefs d’entreprise intéressés par l’environnement

Un chef d'entreprise sur quatre dans le monde considère que l'appauvrissement de la biodiversité représente une menace pour la croissance économique, les patrons latino-américains et africains apparaissant plus préoccupés que leurs homologues européens, selon une étude du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) rendue publique mardi.

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Intitulé « L’économie des écosystèmes et de la biodiversité des entreprises », le nouveau rapport du PNUE, publié à l’occasion du Premier Symposium mondial sur « l’entreprise la biodiversité » à Londres, montre que les chefs d’entreprises des pays en développement riches en biodiversité s’inquiètent de la disparition progressive du « capital naturel » de leur pays.

En Amérique latine, plus de 50% des PDG considèrent que l’appauvrissement de la biodiversité est une menace pour le développement et la croissance de leurs sociétés. Ils sont 45% à partager ce sentiment en Afrique, mais seulement 20% en Europe de l’Ouest.

Toujours selon le rapport du PNUE, un nombre croissant de consommateurs se préoccupe de l’appauvrissement de la biodiversité. Plus de 80% des consommateurs interrogés, en Amérique ou en Europe, ont ainsi déclaré qu’ils n’achèteraient plus les produits des sociétés dont la politique d’approvisionnement ne se préoccupe pas d’éthique. Le document montre également que les grosses sociétés dont les activités ont un impact direct sur le capital naturel mondial pourraient améliorer leurs modes de production si elles étaient mieux surveillées, notamment grâce à des études et des évaluations plus régulières.

Le document compile une série d’études réalisées et présentées pendant l’Année internationale de la biodiversité. Il appelle les entreprises du monde entier à adopter des concepts liés à la protection de l’environnement et de la biodiversité comme « Pas de pertes nettes », « Neutralité écologique » ou « Impact positif net » sur l’environnement.
Selon le rapport du PNUE, non seulement les entreprises peuvent limiter ou atténuer les effets néfastes de leurs activités sur l’environnement, mais elles ont aussi intérêt à la faire. Des activités comme l’agriculture, l’exploitation forestière, la pêche et le tourisme dépendent d’écosystèmes en bonne santé, synonymes d’importants revenus.

Pour les auteurs du rapport, l’évaluation et l’examen des effets des activités économiques sur la biodiversité, ainsi que les ressources offertes par des écosystèmes en bonne santé, tendent aujourd’hui à se généraliser. Pour accélérer cette tendance, ils recommandent que les professionnels de la comptabilité et de l’audit conçoivent des normes communes pour que les sociétés évaluent mieux leur impact sur la biodiversité et puissent concevoir et présenter des politiques visant à limiter cet impact.

Pour conclure, le rapport cite différents moyens permettant déjà aux entreprises de montrer leur engagement en faveur de la biodiversité: identification précise de leur impact sur la biodiversité ; évaluation des risques d’exploitation ; élaboration de systèmes d’information sur l’état de la biodiversité, définitions d’objectifs et communication des résultats ; prévention, limitation et atténuation des risques sur la biodiversité ; intégration des actions en faveur de la biodiversité dans les projets de responsabilité sociale des entreprises ; soutien aux nouvelles opportunités intégrant la protection de la biodiversité et des écosystèmes.

(Mise en perspective : Martial Assème)

LE DERNIER JOURNAL
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11/12/2017
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