Nord-Kivu : 90.000 personnes fuient les combats à Beni

Près de 90.000 personnes ont fui le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, en raison des combats qui opposent les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) aux rebelles ougandais de l'Alliance des forces démocratiques/Armée nationale de libération d'Ouganda (ADF/Nalu), a indiqué vendredi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Nord-Kivu, Est de la République démocratique du Congo

Nord-Kivu, Est de la République démocratique du Congo

Depuis le lancement en juin de l’opération « Ruwenzori » par l’armée congolaise, de nombreux meurtres de civils, violations des Droits de l’homme, pillages de villages par les rebelles ont été signalés, forçant la population civile à fuir par crainte de violences.

Les combats, dont l’épicentre se situe dans les localités d’Eringeti et de Mutwanga, ont entraîné le déplacement de 70% de la population. Une majorité de ces déplacés a trouvé refuge chez des proches, mais des milliers de personnes en quête d’abris se sont installées aussi dans des églises, des écoles ou des bâtiments publics.

En raison du haut niveau d’insécurité dans la partie nord du territoire de Beni, les agences humanitaires prévoient l’arrivée de nouveaux déplacés internes dans les prochains jours, à qui il faudra aussi fournir protection, nourriture, eau, abris, médicaments et autres produits de première nécessités.
Pour accroître le niveau de sécurité de la zone et y permettre le déploiement du personnel et la distribution d’aide l’humanitaire en toute sécurité, la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (MONUSCO) a installé le 19 juillet un poste avancé dans la localité de Mutwanga. Elle devrait maintenant y implanter une base temporaire.

A la mi-juillet, le chef d’OCHA en RDC, Richard Dackam-Ngatchou, avait déjà fait part de son inquiétude devant la dégradation de la situation dans le territoire de Beni, une zone jusqu’à présent exempte de combats.

Ces affrontements interviennent alors que le 27 mai, le Conseil de sécurité de l’ONU a autorisé le retrait de 2.000 Casques bleus et la modification du mandat de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC), devenue depuis le 1er juillet la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (MONUSCO). En visite le 30 juin dernier dans le pays, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait estimé que « la protection des civils demeurait la priorité de la Mission des Nations Unies en RDC ».

(Mise en perspective : Martial Assème)

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08/12/2017
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