HCR : pour plus de programmes de réinstallation

Le HCR estime que d'ici trois à cinq ans, plus de 805 000 réfugiés auront besoin d'une réinstallation dans des pays tiers, car il ne leur sera possible ni de rentrer dans leur pays d'origine ni d'envisager une intégration dans les pays les accueillant actuellement.

Des civils fuient les attaques de la LRA en RDC.

 

Pour de nombreux réfugiés, la réinstallation dans un pays tiers est le seul moyen de trouver durablement la sécurité ainsi qu'un nouveau chez-soi.

Alors que le rapatriement librement consenti reste la solution préférée par la plupart des réfugiés dans le monde, un conflit persistant ou une crainte de persécution empêchent souvent les personnes de rentrer dans leur pays d'origine. Plus de 80% des réfugiés dans le monde vivent dans des pays en voie de développement, où nombre d'entre eux ne sont pas en sécurité et n'ont aucune possibilité d'intégration.

Actuellement, un petit nombre de pays seulement participent aux programmes de réinstallation gérés par le HCR. Ils acceptent les réfugiés dans le cadre de systèmes de quotas sur une base annuelle. De ce fait, le nombre des places en vue d’une réinstallation ne s'est pas aligné sur les demandes accrues soumises par le HCR ni sur les besoins recensés en matière de réinstallation. Pour 2010, les projections pluriannuelles du HCR faisaient état de 747 000 personnes qui auraient besoin d'une réinstallation. Pour 2011, ces mêmes projections dépassent le cap des 805 000, un record inégalé.  

« Il nous faut agir devant le fossé grandissant entre les besoins de réinstallation et les places mises à disposition. J'espère vraiment que davantage de pays mettront en place des programmes de réinstallation ou accroitront les opportunités de réinstallation », a indiqué António Guterres, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. « C'est d'autant plus important car de nouvelles crises continuent à déplacer encore davantage de personnes alors que des conflits anciens sont dans l'impasse. Les retours librement consentis sont à leur plus bas niveau depuis deux décennies. »

Le fossé qui se creuse entre les besoins mondiaux de réinstallation et les quotas offerts par les Etats sera au cœur des consultations annuelles tripartites entre des gouvernements, des organisations non gouvernementales et le HCR. Cette réunion débute cette semaine et se déroulera du 6 au 8 juillet à Genève. Les consultations de cette année sont co-présidées par la Suède et le HCR. Dan Eliasson, le Directeur général de l'Office suédois des migrations, et le Haut Commissaire António Guterres ouvriront de concert la réunion.

En septembre 2009, le HCR s'est félicité de la proposition de la Commission européenne pour l'établissement d'un programme européen commun de réinstallation. Le HCR encourage un plus grand engagement européen en matière de réinstallation des réfugiés. A présent, 90% des réfugiés réinstallés chaque année sont acceptés par les Etats-Unis, le Canada et l'Australie. Tous les pays européens fournissent ensemble six pour cent des opportunités en matière de réinstallation à travers le monde.

En 2009, le HCR a soumis plus de 128 000 dossiers de demande pour une réinstallation. Quelque 84 000 réfugiés ont été réinstallés avec l'aide du HCR. Selon des statistiques de sources gouvernementales, 19 pays ont fait état de l'admission de 112 400 réfugiés réinstallés en 2009 avec ou sans l'assistance du HCR. Les Etats-Unis ont accepté la réinstallation du plus grand nombre de réfugiés (80 000).

 

(Interview : Volker Turk, Directeur de la Division de la protection internationale au du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés ; propos recueillis par Alpha Diallo)



LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
15/12/2017
Loading the player ...