Conflits armés : la protection des civils demeure un rêve

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a tenu un débat de haut niveau ce mercredi sur la protection des civils dans les conflits armés ; un vrai plaidoyer pour ceux qui injustement sont pris pour cible dans ces conflits meurtriers.

Ban Ki-moon

Ban Ki-moon

Lors de ce débat, Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, John Holmes, Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux Affaires humanitaires et Coordonateur des secours d’Urgence et Navy Pillay, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme ont pris la parole.

Coup de projecteur sur le périple des civils pris pour cible dans les conflits armés et celui des Nations Unies qui n’ont eu de cesse de demander à ce qu’ils soient épargnés. À ce sujet le constat de Ban Ki-moon est amer. Le Secrétaire général des Nations Unies constate que le ciblage délibéré des civils, les attaques disproportionnées, la violence sexuelle, les déplacements forcés et le déni d’accès humanitaire restent très répandus dans les conflits armés et sont souvent perpétrées en toute impunité. Les plus récents conflits au Kirghizistan, à Gaza, au Soudan, au Sri Lanka, en Somalie, en République démocratique du Congo rappellent par ailleurs que la protection des civils demeure un énorme défi commun.

Les chiffres que l’adjoint de Ban ki-moon aux Affaires humanitaires, John Holmes met à disposition du Conseil de sécurité sont également accablants. Depuis l’adoption de la résolution 1888 du Conseil de sécurité qui nommait pour la première fois un Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour lutter contre la violence sexuelle dans les conflits, en l’occurrence Margot Wallstrom, les chiffres de la violence et des abus sexuels demeurent significatifs. L’on compte 15 275 viols à l’est de la RDC commis par des hommes armés. Les civils tués dans des conflits de part et d’autres se comptent par milliers. Aussi, selon les statistiques de 2009 on compte aujourd’hui dans le monde 15,2 millions de personnes réfugiées.

Mais au-delà des chiffres, des mécanismes régionaux visant à faciliter l’échange d’information; au delà des nominations, des résolutions du Conseil de sécurité, des accords de coopération; Navi Pillay, la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme veut toucher du doigt la réalité du terrain et fait le simple constat que la protection des civils dans les conflits armés ne demeure qu’un rêve pour ces derniers. En vue d’un remède Navi Pillay lance un appel à l’action : la lutte contre l’impunité en cas de massacres, de génocides, d’émergence de groupes armés au sein des États. Elle souhaite, par ailleurs, une collaboration plus étroite et plus concertée sur le terrain entre les humanitaires et les militants des droits de l’homme.

(Extraits sonores : Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, John Holmes, Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux Affaires humanitaires et Coordonateur des secours d’Urgence et Navy Pillay, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme ; mise en perspective de Maha Fayek)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
18/10/2017
Loading the player ...