PNUD: le VIH et le droit au premier plan

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), avec le soutien du Secrétariat de l'ONUSIDA, a lancé ce 24 juin la Commission mondiale sur le VIH et le droit. L'objectif de cette Commission est d'approfondir la compréhension de l'impact de l'environnement juridique sur les réponses nationales au VIH. Elle cherche à établir les modalités de l'aide à apporter aux lois et à l'application des lois afin que celles-ci puissent renforcer l'efficacité des réponses aux VIH au lieu de les obstruer.

La Commission mondiale sur le VIH et le droit regroupe des dirigeants réputés, issus de différents secteurs de la sphère publique et de diverses régions du monde.

Des experts en matière de droit, de santé publique, de droits de l’homme et de VIH appuieront le travail de la Commission. Les membres de la Commission seront chargés de réunir et d’échanger les informations sur l’étendue de l’impact des lois et de l’application des lois sur la vie des personnes vivant avec le VIH/SIDA et des personnes les plus vulnérables face à l’épidémie. Ils émettront des recommandations sur les modalités permettant de mettre la loi au service de l’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et à l’appui liés au VIH.

Les auditions régionales, un concept innovant majeur, offriront un espace au sein duquel les personnes les plus directement touchées par les lois afférentes au VIH/SIDA pourront partager leurs expériences avec les décideurs. Cette interaction directe est cruciale. En effet, il a été établi depuis fort longtemps que le droit constituait une composante critique de toute réponse au VIH, qu’il s’agisse de lois formelles ou non écrites en termes de l’application des lois ou de l’accès à la justice. Tous ces éléments peuvent contribuer à déterminer si les personnes vivant avec le VIH ou touchées par le virus peuvent accéder aux services prévus à cet effet, se protéger elles-mêmes et vivre dans la dignité.

Cependant, une trentaine d’années après le début de l’épidémie, on recense encore un grand nombre de pays dans lesquels les environnements juridiques exercent une influence négative sur l’épidémie, réduisent à néant les réponses au VIH et punissent, plutôt que ne protègent les personnes touchées. Les lois inadaptées qui criminalisent les transmissions ou la contamination liées au VIH peuvent exercer un effet dissuasif sur les personnes concernées par l’épidémie et les décourager de se faire tester ou de révéler leur séropositivité. Les lois qui criminalisent les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les transsexuels, les toxicomanes et les travailleurs de l’industrie du sexe peuvent empêcher la fourniture des services essentiels de prévention et de traitement du VIH/SIDA aux personnes particulièrement exposées à la contamination par le virus.

Dans certains pays, les lois et l’application des lois ne protègent pas les femmes des viols intra et extra conjugaux, ce qui contribue à aggraver leur vulnérabilité à l’égard du VIH/SIDA.

Extrait sonore : Stéphane Dujarric, Directeur de la communication du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD); propos recueillis par Alpha Diallo


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20/10/2017
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