Maintien de la paix : dix ans après, le rapport Brahimi reste d'actualité

Ambiance des grands jours ce matin à l'Assemblée générale à New York pour la tenue d'un débat sur l'avenir du maintien de la paix par les Nations Unies. Un débat organisé à l'initiative du Président de l'Assemblée, le diplomate libyen Ali Treki en présence de Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l'ONU, mais aussi des anciens présidents Marti Ahtisaari de la Finlande et John Kufuor du Ghana.

Un débat qui grâce à la vidéoconférence a permis à Lakdhar Brahimi d’intervenir en direct de Paris. L’ancien Ministre algérien des affaires étrangères qui, il y a tout juste dix ans, avait dirigé la préparation du fameux rapport sur le maintien de la paix, rapport portant son nom. Un document que l’intéressé a commenté, en dix points, à l’aune de la décennie écoulée.

Fidèle à son image, Lakdhar Brahimi a évalué méthodiquement et sans concession le travail accompli par la dizaine de personnes qu’il a dirigé en 2 000. Un rapport commandé par le Secrétaire général de l’époque, Kofi Annan, soucieux de dépasser les terribles défaillances des années 90. Des recommandations avalisées ensuite par le Sommet du Millénaire.

Des recommandations qui restent d’actualité selon Lakdhar Brahimi. Ainsi même aujourd’hui les soldats de la paix ne peuvent tout faire et aller n’importe où. Les Nations Unies sont toujours privées des informations nécessaires lors des prises de décisions importantes. L’ONU doit réagir dans des délais raisonnables, tout en ne confondant pas vitesse et précipitation. Le Secrétariat doit pouvoir dire au Conseil de sécurité ce qu’il a besoin et non ce qu’il veut entendre.

Pêle-mêle sont aussi citées la nécessité de consulter les pays contributeurs de troupes, de préparer de mécanismes de consolidation de la paix avant le retrait des troupes ou encore l’intégration de toutes les activités des opérations. Il y aussi le renforcement de la qualité du personnel des missions et l’ouverture aux acteurs non onusiens. En conclusion, l’ONU doit accepter le maintien de la paix comme une activité permanente et indispensable. Or l’avenir est plein de demandes nouvelles et inattendues. Et de rappeler que le rapport a été rédigé il y a dix ans quelques mois à peine avant les attentats du 11 septembre 2001. Seule certitude : les besoins de déployer des opérations resteront importants.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)


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19/10/2017
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