La Libye demande au HCR de plier bagages

Les autorités libyennes ont ordonné mercredi dernier au Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) de quitter le pays. La décision des autorités libyennes intervient alors qu'un bateau en détresse près des côtes de Malte transportant plus d'une vingtaine de personnes, pour la plupart des Erythréens, a dû attendre ce week-end environ 24 heures pour être secouru par des Libyens.

 Dans un communiqué, le HCR se dit préoccupé par les délais de recherches et de sauvetage en mer lors d’une opération impliquant un bateau transportant plus de 20 personnes, la plupart érythréennes, au large de Malte dimanche et lundi. Des appels de détresse avaient été reçus dimanche soir, notamment par le HCR, et transmis aux autorités maritimes maltaises et italiennes. Selon les informations transmises au HCR, le bateau n’a été secouru que tard lundi, et par des navires libyens.

Alors que le bateau en détresse se trouvait à l’intérieur ou à proximité de la zone de recherches et de sauvetage de Malte et à environ 40 milles des côtes italiennes, il a fallu attendre près de 24 heures avant que le sauvetage n’ait lieu. Plutôt que d’intervenir et de remorquer le groupe vers un port plus proche et plus sûr, Malte et l’Italie ont compté sur des navires libyens pour effectuer le sauvetage à l’intérieur de la zone de recherches et de sauvetage de Malte. Trois femmes et un enfant de huit ans se trouvaient à bord. Selon le HCR, tous les passagers ont été renvoyés vers la Libye où leur périple avait débuté.

Malte et l’Italie ont des taux élevés de reconnaissance du statut de réfugié pour les Erythréens. Nous sommes préoccupés par la question de leur accès à la protection internationale en Libye, pays non-signataire de la Convention de 1951 et qui ne possède pas de système national d’asile.

Quant à la décision de Tripoli de fermer ses bureaux, le HCR n’a pour le moment reçu aucune explication des autorités libyennes. « La Libye n’a pas de structure d’asile et cette décision de fermer le bureau du HCR va laisser un grand vide pour les milliers de réfugiés et demandeurs d’asile qui sont déjà sur place et bien sûr pour ceux qui continuent d’arriver par bateau chaque semaine », déplore Melissa Fleming, Porte-parole du HCR.

(Mise en perspective d’Alpha Diallo avec un extrait sonore de Melissa Fleming, Porte-parole du Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés)


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12/12/2017
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