Haïti : Les Gonaïves se préparent à la prochaine tempête

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) forme et emploie 175 hommes et femmes dans l'ancienne technique de culture en étages, dans le cadre d'un programme de création d'emplois ruraux intitulé Programme de Revitalisation et de Promotion de l'Entente et de la Paix. Le progarmme vise à aider Haïti à se préparer à la saison des tempêtes.

L’OIM prépare actuellement des stocks pour 20 000 familles à Port-au-Prince, aux Gonaïves, à Jacmel et aux Cayes. Les fournitures mises à disposition comprennent notamment des jerricans, des kits d’hygiène et des ustansiles de cuisine.

Dans les collines perchées au-dessus de la ville des Gonaïves située au nord-ouest du pays, les agriculteurs s’activent en préparation de la prochaine saison des ouragans. Plus près de la ville, un abri de protection a été construit afin d’accueillir les familles vivant dans les zones côtières de faible élévation. Des étages supplémentaires ont été construits dans les écoles des Gonaïves pour protéger davantage les populations vulnérables. Un pont permettant de fuir les zones inondables a également été érigé.

Voilà comment les Gonaïves se préparent à la saison des ouragans. Des ouragans qui ont dévasté la ville à deux reprises en l’espace de quatre ans. Les milliers de personnes décédées durant les deux graves tempêtes tropicales Jeanne en 2004 et Hanna en 2008 ont perdu la vie non pas en raison des vents de plus de cent kilomètres à l’heure, mais à cause des crues soudaines qui ont inondé la ville au lendemain de la tempête. Des torrents d’eau avaient dévalé les montagnes, faisant disparaître les champs de terre arable, creusant de profonds ravins et transportant des tonnes de boue et de pierres dans les vallées.

Les Gonaïves venaient à peine de se dégager des tonnes de boues et de poussière laissées par Hanna. Les eaux atteignaient 7 mètres de profondeur à certains endroits de la ville et lorsqu’elles se sont retirées, les habitants ont découvert que des quartiers entiers de la ville étaient en piteux état. La majeure partie des 2,5 millions de mètres cubes de boues et de débris a été nettoyée, mais les routes sont cabossées et les canalisations sont bouchées par les eaux stagnantes et les moustiques paludéens.

Aujourd’hui, les terrains rocailleux se sont transformés en des terres agricoles productives, sur lesquelles sont cultivées des cacahuètes et du café. Dans le cadre d’un autre projet, les forêts ont été reboisées avec un tel succès que les agriculteurs se préparent à cultiver du café et du cacao à l’ombre des arbres replantés. Avant le séisme de janvier dernier, la prolifique vallée Artibonite comptait 30 000 habitants. Après le séisme, les survivants ont rapidement fui vers Gonaïves. Aujourd’hui, quelque 40 000 personnes vivent encore dans des familles où l’accueil n’est plus vraiment au rendez-vous. L’itinéraire migratoire traditionnel vers la capitale, Port-au-Prince, a été interrompu par le séisme et de nombreuses personnes ont trouvé refuge en traversant illégalement la frontière dominicaine. En plus du système complexe de culture en étages et de canaux d’irrigation, près de 8 kilomètres de routes en bitume ont été construites. L’OIM a également terminé la construction du premier abri de protection contre les ouragans dans le pays, tout en consolidant 26 écoles, soit en les déplaçant hors de la zone inondable, soit en construisant des étages supplémentaires qui permettent de protéger les étages inférieurs.

(Interview : Jean-Philippe Chauzy, Porte-parole de l’OIM ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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