Flottille de la liberté: le Conseil des droits de l'homme pour une mission d'établissement des faits

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté, ce mercredi après midi une résolution approuvant la mise en place d'une mission internationale indépendante d'établissement des faits sur l'intervention militaire israélienne contre une flottille pro-palestinienne pour Gaza.

La résolution prévoit également que les membres chargés de l’enquête soient désignés par le président du Conseil des droits de l’homme. Le texte a été approuvé par 32 des 47 membres du Conseil ainsi que neuf abstentions. Les Etats-Unis, les Pays-Bas et l'Italie se sont prononcés contre cette résolution.

Le Conseil demande que soient pleinement établies les responsabilités et que des enquêtes véritablement indépendantes soient menées à cet égard. Le Conseil se félicite également des déclarations faites par le Secrétaire général et la Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme dans lesquelles ceux-ci ont condamné les attaques israéliennes.

La résolution engage en outre Israël à lever sans délai le siège imposé à Gaza et à garantir la fourniture sans entraves d'aide humanitaire, y compris de carburant et de soins médicaux, à la bande de Gaza occupée. Le texte condamne dans les termes les plus vifs l'attaque inacceptable lancée par les forces israéliennes contre la flottille d'aide humanitaire, au cours de laquelle de nombreux civils innocents de différents pays ont été tués ou blessés.

Le Conseil déplore vivement la mort de civils innocents et appelle Israël à coopérer avec le Comité international de la Croix-Rouge pour rechercher et fournir des renseignements sur l'endroit où se trouvent les personnes détenues ou blessées et sur leur état. Le Conseil exige que la puissance occupante, Israël, libère immédiatement tous les hommes détenus, restitue le matériel et facilite leur retour dans leurs pays dans des conditions de sécurité.

La France qui fait partie des neuf Etats qui se sont abstenus regrette au final qu’un consensus n’ait pas pu aboutir comme à New York. « La délégation française aurait souhaité que le Conseil des droits de l’homme comme le Conseil de sécurité puissent se prononcer à l'unanimité dans de telles circonstances »  a souligné l’ambassadeur français Jean-Baptiste Mattéi.

L'adoption du projet de résolution fait suite au débat urgent sur « les graves attaques des forces israéliennes contre le convoi maritime d'aide humanitaire » à destination de Gaza.  Le texte du projet de résolution a été présenté au Conseil par le Pakistan, au nom de l'Organisation de la conférence islamique.  Au titre de pays concerné, le Représentant d'Israël est intervenu pour réaffirmer qu'Israël était dans son droit et que cette flottille prétendument humanitaire avait en fait un objectif politique.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Jean-Baptiste Mattéi, Représentant permanent de la France auprès de l’Office des Nations Unies à Genève)

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20/10/2017
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