CNUCED: développer la coopération Sud-sud

Dans un nouveau rapport sur l'économie africaine, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) estime que le développement des relations commerciales et financières entre l'Afrique et les autres pays en développement devrait permettre au continent de diversifier la production, d'acquérir de la technologie et de développer les marchés régionaux.

Rapport CNUCED sur l'Afrique 2010

Rapport CNUCED sur l'Afrique 2010

L’Afrique devrait adopter des mesures afin que ses relations économiques avec de grands pays en développement, dont la Chine, l’Inde et le Brésil, débouchent sur une diversification de l’économie et non sur la simple vente de produits de base et de matières premières. Un procédé tiré du schéma traditionnel des relations du continent avec le Nord industrialisé.

Selon ce rapport, intitulé “Développement économique en Afrique : La coopération Sud-Sud: l’Afrique et les nouvelles formes de partenariat pour le développement», le nombre croissant de nouveaux partenaires économiques du «Sud» peut faciliter cette transformation en Afrique non seulement par une intensification des courants commerciaux et financiers, mais aussi par le financement de projets régionaux d’infrastructure et par le transfert de connaissances et de technologie.

Le rapport constate que l’aide publique au développement (APD) des pays en développement se porte de plus en plus sur l’infrastructure et les secteurs de production des économies africaines, ce qui a permis d’étoffer les ressources disponibles pour la région et de diversifier les possibilités de financement de l’Afrique. En 2006, les donateurs traditionnels ne consacraient que 22 % de leur APD aux secteurs de production et à l’infrastructure.

En termes d’échelle, la Chine devient la principale source d’aide bilatérale à l’Afrique pour l’infrastructure et les secteurs de production. Selon les informations disponibles, les engagements chinois de financement des infrastructures dans l’Afrique subsaharienne sont montés en flèche, passant de 470 millions de dollars en 2001 à 4,5 milliards en 2007. On estime à 54 % pour la période 2002-2007 l’aide de la Chine consacrée à l’infrastructure et aux travaux publics.

Toutefois, le rapport véhicule un message important, à savoir que les nouvelles tendances ne doivent pas être considérées comme circonscrites à la Chine et à l’Afrique. Les relations économiques de plus en plus nombreuses entre ces deux partenaires s’inscrivent dans une tendance plus large à l’intensification des relations de l’Afrique avec le Sud, en particulier avec les pays émergents dotés d’une économie puissante et dynamique.

Le rapport 2010 sur le développement économique en Afrique invite les gouvernements à être fermes lorsqu’ils négocient un accord de coopération avec d’autres pays en développement, afin qu’il soit convenablement tenu compte de leurs intérêts.

Le rapport relève que malgré les progrès de la coopération Afrique-Sud, les donateurs traditionnels demeurent, et pour longtemps, les principaux fournisseurs d’aide à la région et ses principaux partenaires commerciaux. Le rapport recommande donc de considérer la coopération entre l’Afrique et le Sud comme un complément et non comme un substitut des relations avec les partenaires traditionnels du Nord.

(Extrait sonore : Norbert Lebalé, Chef de la Section Afrique à la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement ; propos recueillis par Alpha Diallo)



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15/12/2017
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