Réunion du Conseil de sécurité de l'ONU : la Turquie hausse le ton

Le Conseil de sécurité de l'ONU a tenu une réunion d'urgence lundi sur le Proche-Orient après l'assaut israélien meurtrier contre une flottille humanitaire à destination de Gaza.

Le Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité

La réunion du Conseil de sécurité a été convoquée à la demande de la Turquie et du Liban.

En l’absence du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, en déplacement hors de New York, la Vice-Scrétaire générale, Asha Rose-Migiro, participait à la réunion à laquelle a également pris part Oscar Fernandez-Taranco, Sous- Secrétaire général des Nations Unies aux Affaires politiques.

Au rang de ceux qui ont dénigré un acte de piraterie, inhumain, totalement contraire aux principes du droit international, relevant même du terrorisme d’État se positionnent la Turquie, la Syrie et le Liban.

L’on notait pour la Turquie le propos lapidaire de son Ministre des affaires étrangères Ahmad Daoud Oglo. Le ministre de la Turquie n’a pas mâché ses mots en réclamant des sanctions contre Israël ; un état qui plaide non coupable pour ses agressions répétées contre les civils, les pacifistes, les humanitaires et qui se place au dessus de toute loi.

Israël qui toujours, selon le ministre n’assume plus ses responsabilités d’État membre au regard du droit international, humanitaire et de la charte de l’ONU. Et Monsieur Oglo de clore son discours en ces mots : «tuer un être humain c’est tuer l’humanité. Et Hier l’humanité a été noyée en pleine méditerranée».

Bashar Al Jaafari qui s’est adressé devant la presse au nom de son pays la Syrie et de l’Organisation de la conférence islamique a constaté une tactique de détournement par Israël de l’attention internationale du programme nucléaire israélien. Les pacifistes de la flottille en ont fait les frais. Il a demandé des mesures punitives concrètes à l’égard d’Israël. « Ceux qui au Conseil s’opposeront à ces mesures assumeront les conséquences de leurs décisions », a-i-il ajouté.

Israéliens et américains ont parlé d’une même voix au Conseil de sécurité.

Les États-Unis ont rappelé qu’il existe « des mécanismes internationaux non provocateurs devant être utilisés pour faire parvenir l’aide » et que l’usage « de tout autre moyen provocateur n’est ni appropriée ni responsable et encore moins efficace ».

Israël a mis en doute le caractère humanitaire de la mission, en rappelant que celle-ci était tout sauf humanitaire, pour avoir notamment refusé de faire livrer l’aide humanitaire par les autorités israéliennes à travers le Port d’Ashdod et les points de passage habituels. Les membres de la flottille ne seraient autres que des radicaux, a martelé le Représentant d’Israël. Parmi eux il y a des activistes islamistes arborant la casquette humanitaire à d’autres fins. « Ils ont violemment attaqués les soldats de Tsahal aux moyens de couteaux de gourdins; ils ont voulu briser l’embargo et Israël devait se défendre », a-t-il ajouté.

Le dernier réquisitoire porte la signature du Liban qui a accusé la marine israélienne d’avoir effectué un raid dans le cadre d’une action de piraterie ayant fait une quinzaine de morts, martyrs d’un assaut barbare perpétré par Israël, malgré les bannières blanche brandies par des humanitaires de tous bords, des artistes, des pacifistes, un prix Nobel de la paix et un rescapé de l’Holocauste.

(Mise en perspective de Maha Fayek, avec des extraits sonores d’Ahmad Daoud Oglo, Ministre des affaires étrangères de la Turquie et des Représentants permanents d’Israël et du Liban aux Nations Unies.)


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13/12/2017
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