Interview intégrale: le Cameroun nie toute responsabilité dans la mort de Bibi Ngota

Le Comité contre la torture a entendu, ce vendredi matin, les réponses apportées par la délégation du Cameroun aux questions que lui avaient adressées les experts, le mercredi 28 avril, s'agissant des mesures prises pour mettre en œuvre la Convention contre la torture.

Nora Sveaass, rapporteuse du Comité pour l’examen du rapport du Cameroun avait alors attiré l’attention sur des rapports dénonçant les intimidations à l’encontre de journalistes et les limitations à la liberté d’expression.

Dans sa réponse aux experts du Comité, le Représentant permanent du Cameroun auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, a récusé les allégations de harcèlement de journalistes.

Concernant le décès du journaliste Bibi Ngota en prison, Anatole Fabien Marie Nkou a rappelé qu’à son arrivée en prison, il avait, comme tout détenu, été soumis à une visite médicale au cours de laquelle une hernie linguale a été décelée. « Son test VIH/sida s’est également révélé positif », note l’Ambassadeur du Cameroun qui ajoute que plusieurs fois admis dans l’infirmerie de la prison pour des poussées de fièvre, Ngota est décédé la nuit du 21 au 22 avril 2010. « Selon le médecin de la prison, il est décédé des suites d’infections opportunistes dans un contexte d’immunodéficience sévère. Son décès est lié à des causes naturelles », a insisté la délégation camerounaise.

Pour ce qui est de la situation des journalistes, Yaoundé note que son pays ne harcelait pas les journalistes. Anatole Fabien Marie Nkou met en garde contre les agissements de certains journalistes qui cherchent à ternir l’image du Cameroun, relayés par des organisations non gouvernementales politisées.

Pour ce qui est de la situation des journalistes au Cameroun, le Représentant permanent du Cameroun auprès de l’Office des Nations Unies à Genève rappelle qu’il existe au Cameroun 600 journaux, 100 chaînes de radio et 13 télévisions privées. Le Gouvernement octroie chaque année une aide financière aux entreprises privées de communication audiovisuelle et a supprimé la censure administrative, a ajouté le représentant. La délégation camerounaise concède que les délits de presse sont sanctionnés par le droit pénal, en vue de promouvoir la responsabilité et le respect de la déontologie chez les journalistes et de protéger les droits des autres citoyens et l’ordre public.
Le Cameroun est le dernier pays examiné dans le cadre de la présente session. Le Comité présentera, le vendredi 14 mai, ses conclusions sur les sept pays examinés depuis le 26 avril.

(Extrait sonore : Anatole Fabien Marie Nkou, Représentant permanent du Cameroun auprès de l’Office des Nations Unies à Genève)

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18/10/2017
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