Gaza : les humanitaires prônent la fin du blocus

La communauté humanitaire en activité dans les territoires palestiniens occupés a appelé mardi le gouvernement d'Israël à lever « immédiatement » les restrictions sur la circulation des marchandises vers la bande de Gaza.

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Depuis 2007, l’état hébreu a intensifié le blocage des frontières qui a progressivement étouffé l’agriculture, la pêche et détruit tout le tissu économique de la bande de Gaza, a déploré mardi l’Association des organisations internationales de développement (AIDA) dans un communiqué.

Plus de 60% des ménages sont maintenant dans l’insécurité alimentaire, menaçant la santé et le bien être des enfants, des femmes et des hommes, indique l’AIDA. Elle propose de renforcer le secteur agricole « qui offre une solution pratique aux problèmes humanitaires ».
« Cependant, les restrictions sur les importations imposées par Israël continuent d’étouffer le secteur de l’agriculture et contribuent directement à l’augmentation de l’insécurité alimentaire », regrettent les humanitaires qui représentent plus de 80 organisations non gouvernementales. Les populations qui vivent sur la côte de la bande de Gaza en viennent à importer des poissons d’Israël ou les acheminent par des tunnels sous la frontière égyptienne. Cela démontre « l’absurdité de la situation », insiste l’Association.

Selon le Coordonateur humanitaire de l’AIDA, Philippe Lazzarini un rétablissement de la situation est possible à la condition de permettre aux Gazaouis de reprendre leurs activités de pêche et d’agriculture. Pour cela, il est nécessaire « d’ouvrir les frontières afin de fournir l’aide humanitaire et du matériel commercial et agricole, de ne plus restreindre l’accès vital aux champs destinés à l’agriculture et aux zones de pêches et permettre l’accès aux infrastructures d’assainissement », a-t-il ajouté. Cela permettrait d’autonomiser les populations qui dépendent de plus en plus de l’aide humanitaire.

Un rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) publié lundi critiquait également les restrictions imposées par le gouvernement israélien sur le contrôle des frontières des Territoires. Plus d’un an après l’opération militaire ‘Plomb durci’ menée par l’armée israélienne dans la bande de Gaza, les trois-quarts des infrastructures détruites ou endommagées ne sont toujours pas reconstruites ou réhabilitées, indique le rapport.

Le PNUD estime que 82,5% des écoles sont encore à l’état de ruines, que 75% des terres cultivables restent inutilisables et que 60% des entreprises privées n’ont pas réussi à reprendre leurs activités. Plus de 527 millions de dollars sont nécessaires pour reconstruire tout ce que l’armée a détruit, affirme le rapport.

(Mise en perspective : Martial Assème)

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20/10/2017
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