Alcoolisme: consensus de l’OMS contre le fléau

L'Organisation mondiale de la santé poursuit les travaux de sa soixante-troisième assemblée, avec l'adoption ce jeudi 20 mai à Genève, d'une stratégie visant à réduire l'usage nocif de l'alcool en particulier pour les jeunes.

Le texte adopté par les 193 pays membres de l’OMS recommande aux nations de hausser le prix de l’alcool et de mieux contrôler les publicités qui en font la promotion. Selon l’OMS, l’usage nocif de l’alcool est le cinquième facteur de risque par ordre d’importance de décès prématuré et d’incapacité dans le monde. Il s’agit de la principale cause de décès et d’incapacité dans les pays en développement à faible mortalité, du troisième facteur de risque dans les pays développés après le tabac et l’hypertension.

Face au problème, l’OMS plaide pour un renforcement des efforts nationaux en faveur de la protection des populations à risque, les jeunes et les personnes victimes de la consommation nocive d’autrui. Selon l’organisation, l’alcool a tué plus de 2,5 millions de personnes dans le monde, dont 320 000 jeunes âgés de 15 à 29 ans.

Ce fléau n’épargne aucune région du monde. Selon le Directeur général de la santé publique du Burundi, l’alcool est à la cause de 2,2 % de tous les décès en Afrique subsaharienne et « 2,5 % de toutes les années de vie corrigée d’incapacité sont liés à l’alcool ». « Les études récentes sur les décès liés à l’alcool sont en augmentation et passent à 3,3% », fait remarquer Norbert Birintanya. Il note que l’intensité de la publicité incitant à l’usage nocif de l’alcool aggrave la situation et entraîne une consommation excessive de l’alcool en Afrique.

D’ailleurs, l’OMS insiste sur l’impact du marketing, du rôle des prix de l’alcool et de la prévention de l’alcool au volant. Concernant les publicités, l’OMS les considèrent particulièrement cruciales pour les jeunes et adolescents. « Le marketing publicitaire fait appel à des techniques publicitaires et promotionnelles de plus en plus élaborées, notamment à des stratégies qui associent les marques d’alcool à des activités sportives ou culturelles », souligne le texte, non sans rappeler la publicité utilise de nouveaux canaux plus difficiles à contrôler comme les courriels, les SMS ou les forums sociaux sur internet.

L’OMS propose de renforcer les réglementations et de mieux contrôler les activités de parrainage qui font la promotion de boisson alcoolisée. Le document estime également nécessaire de faire jouer le levier des prix des boissons qui constitue un bon frein à la consommation. Il propose « d’instaurer un système national d’imposition spécifique pour l’alcool, assorti d’un système de répression efficace, d’interdire ou de limiter les promotions directes ou indirectes sur les prix de l’alcool ».

L’usage nocif de l’alcool est associé à de nombreuses conséquences sociales -accidents de la circulation, homicides, actes de violence, sous-emploi et absentéisme, par exemple- et il génère des coûts sanitaires et sociétaux.

(Mise en perspective d’Alpha Diallo avec extrait sonore. Norbert Birintanya, Directeur général de la santé publique du Burundi)

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20/10/2017
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