Afghanistan: le CICR justifie les secours aux Taliban

Le Comité international de la Croix-Rouge a défendu ce mercredi les cours de premiers secours qu'il dispense aux Taliban en Afghanistan, comme aux autres belligérants, soulignant que ces activités sont au « cœur de (son) mandat ».

©ICRC/J. Powell/v-p-af-e-01561

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En effet en avril dernier, plus de 70 membres de l’opposition armée et plus d’une centaine de membres des forces de sécurité afghanes ont bénéficié d’une formation de base aux premiers secours. Le CICR a également distribué des trousses de premiers secours aux porteurs d’armes et aux civils vivant dans les zones de conflit. De plus, 28 membres du personnel médical ont suivi une formation aux secours spécialisés du CICR pour traiter les blessés de guerre.

Seulement une polémique est survenue suite à ces cours de premiers secours que le CICR dispense aux Taliban en Afghanistan. Selon le porte-parole du CICR, l’organisation est toujours venue en aide aux combattants sur les champs de bataille. «Le CICR donne ses cours aux deux parties en conflit et par souci de transparence que chaque partie est informée du fait que l’autre partie bénéficie de ces mêmes leçons », fait remarquer Marçal Izard. Mis en place en 2006 en Afghanistan, les cours durent trois jours et incluent un chapitre sur le droit international humanitaire.

Le CICR note que le conflit armé met à rude épreuve les services sanitaires du pays. L’hôpital Sheberghan soutenu par le CICR dans le nord du pays et l’hôpital régional Mirwais à Kandahar ont dispensé des soins à plus de 3 500 patients hospitalisés et à plus de 20 000 patients ambulatoires. Les chirurgiens ont pratiqué environ un millier d’opérations. Les deux hôpitaux sont gérés par le ministère de la Santé publique avec un important soutien du CICR qui a déployé 18 médecins expatriés, du personnel infirmier et des administrateurs pour aider et former le personnel de l’hôpital Mirwais.

« Les premiers secours font souvent défaut et la chirurgie de guerre avancée est rarement disponible. Et quand les soins de santé existent, ils ne sont pas toujours facilement accessibles », souligne le CICR qui cite l’exemple de ce « chauffeur de taxi qui transporte régulièrement des patients malades et blessés du district de Sangin, dans la province du Helmand, à l’hôpital Mirwais soutenu par le CICR à Kandahar. Ce dernier note que « les barrages routiers, les combats et l’insécurité mettent en péril les malades et les blessés car six ou sept heures au lieu de deux sont souvent nécessaires pour les transporter à l’hôpital ».

(Extrait sonore : Marçal Izard, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge ; propos recueillis par Alpha Diallo)


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15/12/2017
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